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Air du temps - Page 262

  • Genève à Saignelégier...

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    Tristounette, anachronique, méritante? Comment qualifier la présence genevoise ce week-end à Saignelégier? Tâche délicate, la courtoisie commande de ne pas froisser les quelque quatre cents personnes méritantes qui ont défilé en habit de laine sur les 900 mètres du champ de course du fameux marché concours. Heureusement pour eux et pour nous assis sur l'herbe humide, le ciel fut clément. Même que des bancs de nuages ont joué les parasols bienvenus. Un coup de chapeau donc aux musiciens de la Landwehr, aux poilus des Vieux Grenadiers, aux peuples et seigneurs de la 1602, aux Dames paysannes, aux élus de tout crin (pas tous candidats cet automne) au syndicat chevalin genevois et autres hôtes et servants obligés, partis de bon matin en car, certains à peine remis d'une nuit assourdissante, feux d'artifices ou Rolling Stones obligent. La courtoisie s'illustre aussi dans les gazettes qui de la Tribune de Genève au Quotidien jurassien titrent leur reportage avec une bienveillance tout factuelle.

     

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    Mais pour le reste, la Genève du XXIe siècle a montré un visage bien tristounet et totalement anachronique. Certes la Fête du Marché concours garde une heureuse allure de kermesse campagnarde. Les chevaux montés à cru, les courses de chars romains ou de voitures à quatre roues gentiment enguirlandées sont dignes d'un arrêt sur image des siècles passés. Les coureurs y croient, chutent parfois durement et galopent pour l'honneur. Le speaker commente avec enthousiasme les courses, citent les noms de tous les concurrents et des chevaux avec ce rien d'accent jurassien qui chante un véritable amour des Franches-Montagnes.

     

    Mais Genève. Que chante notre canton? La ritournelle approximative des Vieux au pas lent, la musique militaire rendue presque inaudible par le contraste d'une sono hyper-présente, les fifres et tambours décimés par les vacances et le silence du cortège de la 1602, la Neptune en modèle réduit juchée sur un char à peine digne d'une vogue de village. Résultat: des applaudissements polis sans plus pour ce défilé officiel de la part d'une foule d'habitués et de curieux, venus surtout admirer les étalons et les juments franc-montagnards et leurs poulains.

     

    Quant aux deux stands genevois, il faisait plutôt peine à voir. Les dégustations de lentilles (36 lentilles vinaigrées dans un godet en plastique non recyclable), de cardon épineux argenté de Plainpalais AOC (13 mini lamelles excellentes au demeurant) et de longeole froide (9 grammes au bout d'un bâtonnet) étaient franchement désertées, le bon peuple joufflu préférant manifestement les débits de bière, cantines, pintes et autres marchands de saucisses alentours. Aucune animation, pas un film, pas un son sur le stand du bout du lac, tout juste quelques brochures pour promouvoir une agriculture genevoise, certes dynamiques, mais qui ne participe plus que pour moins de 1% à la richesse cantonale.

     

     

    Genève est peut-être la capitale du Jura (il y a plus de Jurassiens dans notre canton qu'à Delémont), mais les Genevois ont raté l'occasion d'innover. Pas un mot, par exemple, dans le billet du président Beer ni dans le discours du conseiller d'Etat Unger sur le projet en cours de l'horloger genevois Frank Muller d'établir au Bois, à quelques kilomètres de Saignelégier, une fabrique et des logements. C'est pourtant de ce genre de coopération dont le Jura a besoin. Quant à Genève, il a urgemment besoin de revoir ses ambassadeurs!

     

    Dernier clin d'oeil du Jura libre

  • Pluie en été

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    Inondations ici, canicule là, tornade et blizzard sont aux gazettes ce que le labourage était autrefois à la France selon Sully ("Labourage et pâturage sont les deux mamelles dont la France est alimentée et les vraies mines et trésors du Pérou"). Certes, les gens vraiment concernés par les coulées de boue ou les incendies ravageurs et autres caprices de la nature ont droit à notre compassion et à notre aide.

    Ce qui m'horripile dans ces déluges de commentaires, c'est la bonne pensance qui en découle et dégouline: "Braves genres, la colère du ciel n'est qu'un avant-goût des catastrophes que notre comportement irresponsable nous prépare" clament les Cassandres assemblées. "Nous sommes responsables du réchauffement climatique et nous n'en voyons que les premiers effets dévastateurs."

    Décidément notre monde est retombé à l'an 1000, où les incantateurs appelaient au repentir pour conjurer le mauvais sort. A quand des prières républicaines pour calmer la colère des dieux?

    Je ne nie pas le réchauffement actuel, mais peine, à ce stade des connaissances, 1) à en faire porter l'unique responsabilité au genre humain (occidental évidemment), 2) à conclure sans plus d'études à un futur dérèglement climatique durable, 3) à hurler avec les loups à la fin prochaine du monde.

    Pour revenir au hic et nunc, si l'homme a quelques responsabilités dans les flots boueux actuels, il faudrait plus sûrement

    • incriminer le manque d'entretien des fossés, rigoles, nants et torrents encombrés par les herbes folles et les bois morts,
    • mesurer combien le labourage intensif et profond que permettent les tracteurs géants détruit la structure des sols, brûle excessivement la matière humique spongieuse et accélère leur colmatage,
    • prendre en compte le bétonnage continu du pays,
    • considérer aussi dans le bilan hydrique le drainage des marais, la canalisation des cours d'eau, la suppression des zones humides inondables.

    Et, last but not least, ne pas s'alarmer outre mesure du moindre écart à la normale et de la moindre flaque d'eau comme signe évident d'une catastrophe séculaire.


    Patience. Dans quelques années, les effets de la nouvelle politique agricole, moins productiviste (encore que les perspectives des agro-carburants font craindre le pire), la révolution (lente) des cultures sans labour, le revitalisation des terres, la renaturation des cours d'eau l'entretien des forêts et du réseau capillaire des cours d'eau et l'épuisement annoncé des énergies à effet de serre suffiront à faire passer les hoquets de la météo pour de vieilles lunes.

     

  • Funérailles pour un squat

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    Le squat Rhino est mort. Funérailles et livre de condoléances. Dans le courrier des lecteurs de la Tribune et sur les blogs, chacun égrène son spleen. Je joins à ce billet le communiqué de l'Usine.

     

    "Amnésiastadt" qu'ils veulent rebaptiser Genève, nos alternatifs, nostalgiques de la "Kalvingrad" des anées 80 et des contrats de confiance inventés par Claude Haegi. En plein boom immobilier, Genève inventait alors la coexistence pacifique, alors que Zurich et Lausanne s'enfonçaient dans la violence. Mais la paix des squats n'a guère enfanté des projets immobiliers ou architecturaux originaux.

     

    "Dans le climat actuel, aussi répressif qu'expéditif, cette initiative ne serait pas envisageable." écrit L'Usine. Vraiment? Le problème ne vient-il pas que la société avale et digère plus vite qu'autrefois les cultures alternatives *, que le marketing se l'approprie, que les politiques ont multiplié les aides sous diverses formes, que le net change le rapport à la création, que le monde, comme les tomates, vit hors sol? Que l'occupation d'un immeuble ne garantit pas une invention culturelle. Que le squat ne saurait être une solution durable contre la précarité.

     

    * SlowUp 5 août. Fan de vélo, de rollers, de trottinette ou de marche à pied, venez parcourir les 26 km de chemins et de routes débarassés pour l'occasion de tous véhicules motorisés! Cette annonce ne vient pas d'un flyer branché, mais du site internet de l'Etat de Genève. La manifestation est sponsorisée par la Migros et intégrée aux Fêtes de Genève. tout un programme.