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Un pour tous: le modèle norvégien fait rêver les paysans suisses

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IMG_3313.PNGDans le dernier Agri, le magazine des paysans suisses, je lis un reportage sur la production du lait en Norvège, un pays donné comme modèle pour la Suisse. La Norvège, indépendante de la Suède depuis un siècle, s'étire du sud au nord sur la distance qui sépare le Gothard de Rome. Baignée par les eaux des Caraïbes, le pays élève ses vaches en plein air sur une saison courte mais intense.

Les exploitations familiales ne sont pas très éloignées du modèle suisses, sauf sur quelques points: le parc machine y est plus modeste, les bâtiments aussi, bref les Norvégiens produisent à meilleur comptent que les Suisses. Et ils vendent leur lait à un bien meilleur prix, parce qu'il appliquent sans sourciller la devise des Suissses: un pour tous, tous pour un! 

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Le lait est livré à une coopérative qui regroupe tous les producteurs. Un rêve pour les paysans suisses.

C'est un cartel donc, honnis par les apôtres du libéralisme car il offre aux plus performants et a ceux qui sont dans de bonnes conditions une rente perçu sur le dos des consommateurs. Un cartel n'incite pas non plus à l'innovation.

Des cartels, il y en a plein en Suisse. Mais, dans l'agriculture, on les a largement bannis lorsque, après la chute du mur de Berlin, la Suisse abandonna la protection étatique héritée du plan Wahlen et s'appliqua à rendre l'agriculture suisse eurocompatible. 

Comme en Suisse, la protection des paysans norvégiens coûte chère, ce qu'Agri passe sous un prude silence: 62'000 euros par année et par ferme, estime l'OCDE. Comme en Suisse, les protections douanières, normatives et tarifaires à la frontière mettent les consommateurs à contribution. Et comme en Suisse, la loi protège la reprise des exploitations par un héritier familial et empêche la création de grands domaines ou l'acquisition des fermes par de grands entreprises. Toutes des entraves qu'il faudrait lever selon l'OCDE, pour le plus grand profit des contribuables et des consommateurs.

L'agriculture norvégienne occupe moins de 5% de la population, un peu plus en Suisse.

Fonds souverain

Il n'y a pas que sur la gestion du lait que la Norvège fait office de modèle pour certains. Le pays vit bien grâce à la rente pétrolière que l'Etat a épargnée dans un fonds souverain gigantesque. Certains voudraient en Suisse verrer une partie des capitaux et des gains réalisés par la BNS dans la gestion de la monnaie dans un fonds souverain. Il est vrai qu'un tel fonds ou du moins une part des bénéfices que les cantons collectent comme si c'était une source de financement durable servent à couvrir les risques épidémiques, de quoi supprimer les réserves des caisses maladie et assurer la part risque des fonds que les caisses de retraite devraient consacrer au financement des  jeunes pousses.

Ci-dessous, le degré de protection de l'agriculture calculé par l'OCDE. La Norvège est en tête suivie de prêt par La Suisse. 

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