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Le Gothard et la traversée du lac

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Au soir du grand soir quand nos trois grands voisins s'eurent dûment inclinés devant l'exploit du Gothard, creusé pour 24 milliards de francs suisses avec les mains et les corps d'ouvriers européens, la RTS nous livra un débriefing infrarouge, habiles redites nécessaires sans doute à l'unité du pays. Solari chanta son Tessin dont le gouvernement est dominé par des hommes de la Lega, Béguin entonna l'hymne ferroviaire de circonstance, tous les invités dirent combien le couloir européen qui relie Gêne à Rotterdam, en faisant gagner six jours aux navires venant de Chine et de cet extrême orient laborieux.

 

Enfin Adolf, Dolfi pour les intime, au mieux de sa forme, retrouva les trémolos montagnards qu'on entend dans les Mannerchor, pour dire et redire formidable, le clou du show étant ce moment où il a emmené le ministre belge frôler une arrête noire de l'Eiger, demande au pilote de balancer son appareil et obtient le soutien du ministre pour les nouvelles traversées alpines, le Lötschberg et le Gothard. Formidable! En contrepoint, le Shrek de circonstance, l'ancien syndic de Lausanne, qui avait apporté de l'eau au moulin des Zurichois, pour qui un seul tunnel au Gothard, leur Gothard aurait suffi, rappela un peu penaud que son non signifiait un oui à la brouette d'Echallens, devenue REV, réseau express vaudois.

Formidable ouvrage donc qui ajoute une pierre durable au génie suisse. Et peu importe que le RER, qu'il soit zurichois ou vaudois, transporte bien plus de voyageurs que les tgv qui traverseront le tunnel des tunnels, la Suisse est à l'honneur et les rabat-joie son priés de se taire.

 

Même s'il sur joue son rôle, Aldolf a montré une détermination formidable et une orgueilleuse ambition - verte et européenne - qui contrastent étrangement avec ce que sont devenus l'UDC et les Verts aujourd'hui, repliés sur leur jardin local, incapables de porter des projets audacieux, novateurs et véritablement durables, c'est à dire qui leur survivront longtemps, comme le Lötschberg le Gothard à Ogi.

 

Cette pusillanimité frappe Genève. La ville a raté l'ère du rail à la fin du XIXe siècle, parce que l'industrie lourde s'est développée le long du Rhin, là où étaient aussi les mines de fer et de charbon. Le Rhône n'a pas ce genre de richesses minières et est resté un fleuve, dont les modestes chalands ne sont jamais remontés jusqu'à Genève. La ville doit essentiellement à son aéroport d'être encore connectée au monde. On ne mesure la dimension visionnaire des pionniers qui ont permis ces liaisons aux ambitions jardinière des Verts et des Sam Suffit citoyens (on ne demande pas leur avis aux habitants étrangers ni aux frontaliers).

 

Les Genevois doivent donc se demander ce qu'ils doivent investir aujourd'hui pour que les connexions internationales de GVA (Genève Voltaire Aéroport) soient durables. La traversée du lac est sans doute importante, mais pour n'avoir pas su associer le CEVA au bouclement nord est de son périphérique, Genève a mis (volontairement et je le crains durablement) sa réalisation en péril. Car, à la vue de la nouvelle et double révolution technique qui va bouleverser notre rapport à la voiture (électricité et automatisation), il n'est plus sûr que la mobilité soit en 2040 ce qu'elle est aujourd'hui.

 

Genève devrait aujourd'hui investir pour assurer à son aéroport un développement durable pour les 100 prochaines années. Et ce développement ne peut s'envisager qu'au travers un partenariat avec une autre piste. Entre Saint-Exupéry et Payerne, GVA va devoir choisir. C'est ce qui a motivé les Genevois à se mettre sur les rangs pour être parmi les opérateurs futurs de la plate-forme lyonnaise.

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