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Enseigner les enseignants

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Teaching the Teachers, l'enquête de The Economist de cette semaine interpelle. Les chiffres tombent comme la pluie. En deux mots, rien ne sert d'exceller dans les dernières théories pédagogico-socio-constructivistes, c'est au pied du mur qu'on voit le maçon et dans sa classe qu'on mesure le prof. C'est son entraînement sur le terrain aux dernières techniques pour capter et retenir l'attention des élèves et leur entraînement réciproque qui fait les têtes bien faites.

Bref, le pédagogue né est un mythe (sauf exception évidemment), l'art d'enseigner efficacement s'apprend et se drille et se mesure et vaut donc d'être reconnu en introduisant un bout de salariat à la qualité.  

Rebref, les meilleurs profs, soit ceux qui fabriquent des élèves désireux d'apprendre, devraient être aussi bien rémunérés que les directeurs et ce sans attendre le poids des années. Corollaire, les moins bons doivent être réformés et surtout pas  augmentés à l’ancienneté. 

education ce qui marche.jpgUn graphique résumant quelques rapports sur le sujet énumère les bonnes pratiques qui marchent et celles qui coûtent. Il n'y a pas corrélation entre les unes et les autres. Selon ce classement, la réduction des effectifs par classe, qui coûte bonbon et est le cheval de bataille des syndicats genevois, n'est pas le meilleur moyen d'améliorer les performances ds élèves. L'orientation précoce des élèves non plus.

Comparaison n'est pas raison, diront les sceptiques. Mais cet article vaut une lecture attentive et nourrit le questionnement qu'on peut porter sur la formation des professeurs, sa durée et son efficience. 

Par curiosité, je suis allé voir la dernière étude publié en avril 2016 par le Service de la recherche en éducation (SRED) du DIP: 57 pages sur la capacité de Cap formation de repêcher les jeunes en rupture. Je cite la dernière phrase de ce rapport qui m'a laissé songeur:

"En d’autres termes, le jeune est appelé à ajuster ses attentes aux possibilités « réelles » d’insertion en intégrant cet ajustement comme un choix propre. Tout en développant un discours centré sur l’autonomie et l’accomplissement personnel des personnes suivies (élaborer son propre projet professionnel), le dispositif vise aussi à une transformation de leurs propriétés comportementales et de leurs dispositions éthiques (Mauger, 2001) en vue de les rendre «insérables» dans le monde de la formation puis du travail. Ainsi, bien que l’accomplissement personnel ne puisse se faire sans une insertion sociale et une reconnaissance de cette insertion, les objectifs du suivi sont traversés d’une tension entre une volonté émancipatrice pour le jeune et l’attente de sa conformation."

On fait quoi avec un tel verbiage?

Ne devrait-on pas travailler en amont, dès l'école primaire et même dès le jardin d'enfants, avec des profs formés aux meilleurs méthodes et et des écoles évaluées sur leur capacité de ne laisser personne au bord du chemin?

Commentaires

  • Visiblement vous avez été laissé au bord du chemin, vu votre manière d'écrire.
    Pas étonnant alors que vous soyez "songeur". Il est tellement facile de donner des leçons quand on n'a jamais mis les pieds dans une classe. Bien évidemment le but de l'article que vous citez est de diminuer les dépenses pour les écoles. C'est une insulte pour les enseignants qui font bien leur travail et qui sont une majorité, en tout cas c'est ce que je peux dire de tous les enseignants que mon enfant a fréquenté. Je ne dirais par la même chose de certains élèves et de l'éducation qu'ils ont reçue à la maison. Pour être en mesure d'apprendre, une affectivité comblée est indispensable. Vous deviez plutôt lire Boris Cyrulnik que The Economist.

  • Eh oui !
    Mon tous premier cours d'allemand (je ne parlais que le français) fut de traduire un texte écrit en caractères gothiques ! Comme si l'on avait du traduire un texte chinois écrit en caractères chinois. C'est pourquoi je n'ai appris l'allemand que bien plus tard (sur l'oreiller).
    Puis j'ai étudié la physique. Et c'est grâce au professeur Wolfgang Pauli (prix Nobel) que je n'ai rien compris à la physique théorique. Pour lui, donner des cours était un pensum et il s'en foutait complètement.
    Un bon moyen de dégraisser les effectifs serait à mon avis de se débarrasser des profs incompétents et comme aux USA ils devraient être notés par les élèves.

  • "En deux mots", "bref", vous pensez que l'art d'enseigner se drille (auriez-vous des propositions relatives à ce nouveau concept ?) et vaut d'être reconnu en introduisant un bout de salariat à la qualité. (Un bout, bah, OK, mais lequel) Dechien ! Continuez de nous éclairer avec de telles considérations relatives à l'enseignement. (Et, en plus, si c'est The economist qui le dit, alors là !)

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