La démocratie v(i)olée (25/10/2007)

Comment qualifier le sommet de l'environnement que la France nous offre en direct ces jours? De parodie démocratique?

 

Sous les lustres de cristal brillants de lumière de l'Elysée, le Grenelle de l'environnement - en référence au accords signés après les événements de mai 68 au Ministère du travail sis rue de Grenelle - a largement accouché de quelques souris sans grands impacts à court terme. Grand pape de la France moderne, Sardozy, entouré des cardinaux hors sol de la nouvelle Curie climatique - tiens il n'y avait pas Hulot - a rendu ses arbitrages.

 

Oui la France s'engagera dans le cadre de l'Europe sur la voie de la taxation du CO2, mais à pas compté et dûment étudiés (autant dire aux Calendes grecques).

 

Oui la France taxera le trafic poids lourds et relancera le chemin de fer et le ferroutage. Difficile de croire la mesure possible à l'heure ou l'industrie lourde est largement délocalisée.

 

Oui la France va (enfin) rattraper son retard en matière d'énergies douces et de constructions écologiques, tout en continuant à miser sur l'énergie nucléaire. La France épandera moins de pesticides dans ses champs, mais elle n'enterre pas les OGM. Les principaux points de la déclaration présidentielle sont ici.

 

De ce one-man show cathodique, le pire est sûrement le court-circuit géant, le black-out total qui frappe le Parlement français. Disqualifiés, tenus pour quantité négligeable, réduits à une simple chambre d'enregistrement des volontés présidentielles, les députés français n'ont même pas été conviés, ne serait-ce qu'une délégation d'entre eux, à la grand messe élyséenne.

 

Dommage, vraiment dommage, cette présidentialisation extrême et conclusive d'un débat orginal. Car le Grenelle de l'environnement a été riche d'une réflexion très intense, d'une véritable prise de conscience du gaspillage des ressources énergétiques et de la pression polluante que l'homme exerce sur la nature.

 

Mais peut-être que la réponse à notre question initiale est dans l'affiche ci-dessous. L'urgence commanderait donc de se passer du droit de vote! 

 

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