Que faire pour le climat: de Landecy en passant par Bardonnex (07/09/2019)

co2 heidi.jpgL'apéro de la rentrée des habitants de Landecy n'a réuni qu'une poignée d'habitants sous la fontaine. Les tartes et clafoutis aux pruneaux étaient pourtant excellents. On a parlé circulation bien sûr, des gendarmes couchés que la commune a prévu d'installer dans le village, dont la route tortueuse et les stationnements sauvages ne permettent de toute façon guère de dépasser les 30 km/h.

On parle aussi du gymkhana de Bardonnex, que les douaniers suisses comme français font subir aux automobilistes qui empruntent sagement l'autoroute, matin et soir, provoquant des bouchons que notre chère RTS signale comme un métronome et qui reportent une partie du trafic sur le réseau vicinal, alors que les mêmes travailleurs passent devant la douane de Landecy à 50 km/h. 

Mais pourquoi ne prennent-ils pas le nouveau bus 62, dont le terminus s'arrête au parking de Collonge-sous-Saléve ces travailleurs genevois? Voilà bien une bonne action qu'il pourrait faire sinon pour la quiétude des riverains du moins pour le climat.

Surfant sur cette chaude actualité, Heidi.news, après nous avoir baladé dans les latrines du monde, les fromageries de l'Etivaz et coproduit un reportage fictionnel. embouche, justement, sur le mode kennedyen*, la trompette climatique. Jéricho nous voilà!

Ainsi les voitures, rappelle Serge Michel, "représentent 23% des gaz à effet de serre émis en Suisse, soit 77% du trafic routier. Ces voitures sont une véritable passion suisse: elles sont en moyenne 25% plus puissantes qu’ailleurs en Europe. Et dans un pays qui s’est tant occupé de réguler le trafic des camions, il est intéressant de relever que ces derniers polluent six fois moins que les 22'755 Volkswagen, 16'794 Mercedes et 16'728 BMW immatriculées en Suisse cette année (les trois premières marques)."

Ce commerce dont nous sommes le moteur

Donc, si l'on suit la logique de mon confrère, il suffirait de raser les Alpes et les collines qui nécessitent de posséder des véhicules 25% plus puissants que la moyenne de la plate Europe et de réguler le trafic automobile comme on l'a fait de celui des camions.

Mais a-t-on bien régulé le trafic des camions? Bon nombre d'entre eux ne transportent-ils pas des pièces détachées, voire des porcs vivants ou en morceaux, pour répondre à une logique industrielle et culturelle (le salami est italien même si les cochons sont belges ou hollandais), qui parfois nous dépasse mais dont nous sommes tous peu ou prou les petits moteurs en tant que consommateurs.

L'espace vital des Genevois

C'est ainsi, pour penser local, qu'une frontière tracée en 1815 fait d'un bon tiers des travailleurs genevois des frontaliers que des douaniers ont pour raison d'être de contrôler. C'est ainsi que les Genevois qui, comme tout un chacun sur cette terre luttent pour son espace vital, ont pris le parti en ne construisant pas le nombre de logements correspondant au nombre d'emplois dans le canton - ce qui revient à densifier et à sacrifier davantage de terres agricoles et naturelles - de rejeter les travailleurs genevois hors de cette frontière dans un pays où la construction de villa est encore licite, dispersant ainsi les gens dans la couronne frontalière, où ni les voiries ni la densité faible de l'habitat ne sont favorables aux transports publics...

Ce n'est donc pas par plaisir que les travailleurs genevois habitant hors du canton empruntent leur voiture coûteuse et polluante (mais génératrice de nombreux emplois aussi), c'est par nécessité.

 

thermometre paris.jpgPS: J'ai photographié le thermomètre ci contre (cliquer pour l'agrandir) dans une brasserie parisienne. L'objet doit dater de la fin du XIXe siècle au temps où seule une pièce était chauffée par maison, et encore. Remarquez la température signalée pour les appartements: 15 degrés! Si nous acceptions cette discipline et si nous ne climatisions pas les espaces au-dessous de 25 degrés l'été. Combien de CO2 ne rejetterions-nous pas dans l’atmosphère?

 

* Ne vous demandez pas ce que votre pays peut faire pour vous, demandez-vous ce que vous pouvez faire pour votre pays. 

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