Infrarouge , Heidi, Flint, Jeff et Le miroir du monde (23/05/2019)

Le nouveau média basé à Genève, Heidi.news, n'a pas été invité à Infrarouge ce soir (deux PLR, quatre réd en chef, un "antipressiste" bien à droit(e), ce n'est pas un plateau). Le débat "Les médias ont-ils tout faux?" ne pouvait qu'être brouillon et frustrant. Pour deux raisons au moins: le mot médias participe de ces concepts bien trop vastes et composites - un peu comme le peuple ou les lecteurs - pour être opérationnel et déboucher sur un débat, sinon des solutions, structuré.

Tout faux? Par rapport à quoi? S'il s'agit de leur raison d'être qui est la noble fonction d'informer les citoyens, les journaux (d'information générale, imprimés, diffusés ou en ligne) n'ont pas tout faux. Mais ils manquent de moyens, ils m'ont jamais été aussi dépendants de leur audience et donc de la pensée majoritaire, ils sont (irrémédiablement?) dépassés par de nouveaux opérateurs (champions de la com).

Les journaux font certes oeuvre de service public en relayant et analysant les actions et les projets des institutions et des acteurs qui gravitent autour mais ils sont affectés de deux biais terribles:

- le fait que les mauvaises nouvelles, les dysfonctionnements, les scandales font bien plus vendre que les reportages ou les interviews (forcément promotionnelles) sur le cours normal des choses;

- le fait que l'idéal humaniste et rousseauiste  - l'homme est bon, c'est la société donc le système qui le corrompt - anime (aujourd'hui plus qu'hier?) les précepteurs et les prescripteurs et donc les journalistes d'où leur a-priori négatif à l'encontre de Trump et de la droite en général et leur a-priori positif à l'égard d'Obama et de la gauche en général. 

Heidi.news publie une newsletter par jour. Elle est plutôt bien faite et l'idée de la confier à un journaliste basé dans six capitales est une bonne idée. Je ne la lis pas tous les jours loin s'en faut. Faute de temps. Pourtant je suis à la retraite. Du temps, j'en ai donc (c'est ce qu'on croit...).

Si je ne lis pas tous les jours Heidi.news, c'est aussi que la sélection quotidienne faite par le journaliste ne colle pas forcément avec mes intérêts qui varient souvent. Les enquêtes au long court - les WC du monde et le fromage de l'Etivas - sont encore moins ma tasse de thé actuelle. Heidi.news est peu géolocalisé et volontairement focalisé sur la santé. Ses choix ne sont que partiellement les miens. (Le papier sur le livre d'Yves Oltramare a retenu mon attention), Dans le genre filtre pointue, les sites germanophones PIQL ou Blendle sont des projets intéressants aussi.

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Flint et Jeff sont deux robots qui m'envoient une sélection quotidienne d'articles en fonction de mes paramètres (soucieux de l'effet bulle, Flint et Jeff proposent aussi des articles hors champ). Ils sont aussi peu géolocalisés. Mais j'y trouve autant sinon plus de suggestions qui m'intéressent. 

Les réseaux sociaux bouleversent le champ des journaux et ont délogé les journalistes de leur piédestal de prescripteur. Si le web charrie pas mal de scories, ils diffusent aussi des documents de première main, des réflexions, des analyses pointues qui n'émanent pas du moulin des médias. Le web répond donc - c'est désormais une évidence - mieux que les journaux classiques à la variété énorme des lecteurs (acheteurs).

Sauf sur un point (et encore): le vivre ensemble.

Le vivre ensemble a besoin autant de la revue critique des faits et gestes des institutions que des faits divers, culturels, sportifs et de la météo qui alimentent la conversation usuelle, laquelle n'est parfois que simple bavardage mais peut être aussi un moyen agréable de passer le temps, d'en apprendre plus, sans se prendre la tête.

Les lecteurs sont tous différents. Ils ont tous des domaines d'intérêt variés. La seule info qui parfois réunit tout le monde ou presque, c'est l'événement d'actualité d'intérêt public (souvent dicté par un agenda qui s'impose aux médias). La réponse à deux questions "Quoi de neuf actuellement?" et "Comment dois-je saisir maintenant (moi et ma communauté) tel ou tel fait ou enjeu économique, politique, scientifique, social, culturel...?"

Sans qu'on me dicte comment je dois penser, vivre, consommer, voter. Or, sur ce plan, la presse reste très prescriptive. Ce n'est plus son rôle. La com des partis et des associations qui parvient directement aux gens et les blogs y pourvoient Qu'ont-ils à faire des articles trop souvent éditorialisant des journalistes?

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