Pourquoi la boîte à idées du gouvernement genevois restera vide (22/01/2016)

2016-01-22_104217.pngFaute d'avoir obtenu des réponses des députés élus - qui ont renoncé en décembre dernier à fonctionner mais qui n'ont pas eu le courage de démissionner - le gouvernement genevois a donc décidé d'inviter ses 35'000 collaborateurs à lui envoyer de bonnes idées pour réduire le train de vie de l'Etat de Genève. C'est ça où les 42 heures avait dit le président Longchamp et son ministre des Finances Dal Busco, le 8 septembre dernier, en présentant le détail des 7,8 milliards de francs de dépenses prévues pur 2016.

Gageons que la boîte à idées restera vide ou presque. O, je ne dis pas qu'aucune proposition sera déposée. Je prétends qu'aucune ne sera réellement opérationnelle. Pour la simple raison qu'il ne viendrait pas à l'idée des serviteurs de l'Etat de se faire hara kiri.

Or seule un élagage de certains services voire de services entiers (et des lois qui les fondent) peut amincir l'Etat.

Cas 1: pourquoi ne pas transformer en fondation le service de l'égalité des sexes et exiger que d'ici à 3 ans il trouve la moitié de son financement via un crowfunding

Ecoutez-les, ils sont tous au contraire débordés par la mise en applications des innombrables normes législatives votée par les parlements - qui ne mesurent guère leurs impacts et leurs coûts, convaincus qu'ils sont que seule l'intention compte - et des bonnes idées pour dépenser, les élus n'en manquent pas. En juin dernier, le service du contrôle des travaux chez Hodgers était carrément décimé, disait la Tribune. Le patron de l'Office du logement et de la planification foncière qui chapeaute le contrôle des chantiers vient de quitter l'Etat pour une sinécure: le secrétariat général de la mairie de Vernier. Ceci explique-t-il cela?

De tout temps, de surcroit, les administrations n'ont jamais manqué d'imagination pour complexifier ladite mise en oeuvre des lois, de s'entourer de nombreux docteurs et experts, qui tels les médecins de Molière pèsent le pour et le contre, glosent sans fin sur l'état du patient. La plupart des empires en sont morts.

A Genève, en outre, rien n'est jamais assez beau, grand, parfait, juste, rond et gratuit. Chaque arbre est pieusement inscrit dans sa base de données. Ce qui ne les empêche pas de tomber sans crier gare. Mais aucun fonctionnaire n'a été emporté par la chute. Et pourtant les œuvres que l'on fait ne sont pas toujours à la hauteur des projets comme le relève ce vendredi la Tribune à propos de l'écoquartier de la Jonction.

La boîte à idées sera vite pleine de mille obstacles. Les syndicats dénoncent d'ailleurs la manoeuvre. La boîte à idée, c'est pour eux l'envers du partenariat social. Dame, les voilà privé pour un temps du moyen de peser sur le Conseil d'Etat.

Et qui va donc la dépouiller cette boîte? Son contenu sera-t-il rendu public? Qui fera le tri et veillera à la mise en oeuvre des bonnes idées? Longchamp promet d'étudier toutes les propositions. Les mauvaises langues diront qu'il aura enfin du pain sur la planche et du grain à moudre...

Trêve de plaisanterie.

Mais, dites-nous Monsieur le Président, pourquoi cette consultation est-elle réservée au 35'000 fonctionnaire. Y a-t-il deux types de citoyen à Genève, les fonctionnaires et les autres?

Que faire?

Etudier sérieusement pourquoi Genève dépense autant par habitant en faisant des comparaisons avec les autres cantons: Vaud, Berne, Zurich, Bâle.

Cas 2: L'hopital universitaire de Genève touche treize fois plus d'aide non affectées que son équivalent bernois et deux fois plus pour sa fonçtion de formation. Pourquoi? Le rapport comparatif de quatre CHU suisse commandité par le parlement bernois sorti en décembre 2015 ne le dit pas. Le parlement genevois aura-t-il l'idée d'étudier la question?

 

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