Dans deux ans, on réélira le gouvernement genevois (03/01/2016)

Le Premier de l'An, j'ai remis la main - grâce du rangement - sur le petit opuscule commis par un commis de l'Etat de Genève, proche du pouvoir, il y a huit ans (deux législatures sous l'ancien ordre constitutionnel, lequel ordre n'était pas encore régi par un président durable). André Klopmann brosse par le petit bout de la lorgnette un tableau sociologico-historico-politique plutôt désabusé de la Genève contemporaine, dans laquelle l'auteur regrette de n'y plus trouver l'Esprit, dont la cité fut, dit la légende, investie, par la grâce de quelques confluences humaines, qui font du lieu rien moins, de l'avis de l'auteur, que le centre de l'Europe, sinon du monde.

En postface, Klopmann cite trois événements survenus à l'automne 2007 qui, si je l'ai bien compris, tempèrent un peu les raisons de son pessimisme: l'échec pour la deuxième fois d'Ueli Maurer dans sa tentative d'être un des deux sénateurs de Zurich à Berne..., l'exclusion trois semaines plus tard de Blocher du Conseil fédéral, deux faits remarquables et ce bémol: l'élection le 15 novembre 2007 du vigneron-encaveur de Peissy, le citoyen, UDC lui aussi, Eric Leyvraz à la première vice-présidence du Grand Conseil genevois, "une élection inattendue qui a rompu un tournus éprouvé", note l'auteur.

Que dirait le publiciste aujourd'hui de l'élection de deux UDC pur sucre au Conseil fédéral, dont un est ministre des Finances, de la montée du MCG à Genève et de l'élection d'un des siens - un étrange transfuge - au Conseil d'Etat et d'un autre - un Genevois qui n'a pas sa langue dans sa poche - à la présidence du Conseil municipal de la Ville? Genève est-il affecté du syndrome tessinois? En 2018, verra-t-on l'élection de trois magistrats du bloc national au gouvernement?

Esprit de Genève, où es-tu? Es-tu galvaudé par les populistes bornés ou souffres-tu de l'absence (momentanée?) de grands hommes et de belles âmes?

Les conjectures sont de mise en début d'année.

Toutefois, la perspective de voir un ou deux MCG-UDC de plus siéger au gouvernement genevois n'a sans doute guère plus de chances de survenir que l'élection de Marine Le Pen à la présidence de notre voisine République. Au Tessin, l'élection du gouvernement suit le mode proportionnel. A Genève, comme dans la plupart des cantons suisses et en France, c'est la majoritaire qui règle l'élection de l'Exécutif. Mais il est vrai que les élus socialistes aux Chambres fédérales ont voté pour les UDC Maurer et pour Parmelin (comptant évidemment sur la réciproque pour ses propres ministres).

Le deuxième bémol tient dans l'absence à ce jour de candidats susceptibles de capter des voix en dehors de leur seule écurie de course. Eric Bertinat? Trop inféodé au camp blochérien. Céline Amaudruz? Même réserve, mais la belle a deux ans pour séduire les Genevois. Eric Leyvraz? Trop âgé (il aura 72 ans en 2018, un an de moins que Juppé), sans doute le plus compatible.

Dans les rangs, MCG, on ne voit aucun candidat à ce jour. Stauffer ou Zacharias n'ont aucune chance. Jean Sanchez (il aura 58 ans en 2018)? L'ancien haut fonctionnaire de police doit d'urgence sortir du bois s'il veut concourir. Mais pas sous la forme de porteur d'eau de son lider maximo bien aimé comme dans le dernier article de la Tribune qui rapport des événements qui sentent la manipulation populiste à plein nez.

 

Google Books nous offre l'esprit de Genève de de Traz dans une réédition tronquée, préfacée par Alfred Dufour, professeur payé par notre université,  et malgré le soutient de Pro Helvetia. 

 

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