Commentaires sur le triangle des Bermudes genevois (17/02/2015)

"Je viens de lire votre dernier blog. Deux/trois petits points à relever..."

Claude Marcet a fini sa carrière de député en indépendant. Les comptes et la cosmétique, il connaît. Expert comptable, il n'a jamais ménagé l'Etat de ses commentaires et de ses critiques. Il fut de l'équipe qui fit voter dans les années 90 une initiative par le peuple pour un audit global de l'Etat http://www.halte.ch/frame_audit.htm. Arthur Andersen remplit plusieurs cahiers d'analyses, fit des centaines de suggestions, dont l'une consistait à tenir les politiques aussi loin que possible des affaires, confiant au Conseil d'Etat qu'un rôle d'orientation stratégiques...

Le comité "Halte aux déficits" existe toujours.  http://www.halte.ch Il n'est plus trop mis à jour. Ces vieux combattants me font penser à ceux de 500 mètres de ville en plus. Des sages que la République accro a la dépense n'a jamais trop écoutés. 

Son analyse mérite d'être connue. Je la publie tel que je l'ai reçue. 


1. Retraites publiques.
Suite au vote on va certes couvrir le trou connu à cette date en quelques dizaines d'années, comme vous le précisez, mais on oublie de dire dans le monde politique et journalistique que le trou continue par contre fortement d'augmenter chaque année (en dizaines de millions, voire centaines de millions chaque année !!!) et continuera d'augmenter tant que l'on ne passera pas à la primauté des cotisations pour les caisses publiques de retraite, ce que le monde politique genevois ne veut bien évidemment pas faire, car trop de fonctionnaires (et familles) qui votent, n'est-il pas vrai ...
Je vous mets en pièce jointe, ma lettre de 2013 à la FER.
Merci pour nos enfants qui devront payer cette actuelle incompétence politique crasse.

2. IPSAS
Comme vous le dites justement, l'application des normes IPSAS a permis de valoriser certains actifs, mais le monde politique et journalistique oublie par contre de dire que de prétendre que Genève applique les normes IPSAS est faux et ne veut en fait strictement rien dire, car faire référence à l'application des normes IPSAS n'est pertinent que si toutes les normes IPSAS sont appliquées/respectées, ce qui permet alors d'obtenir la certification IPSAS des comptes suite à la révision de ceux-ci, ce qui ne peut malheureusement pas être envisagé à Genève avec les "genevoiseries comptables" que l'on connaît (indiquer dans l'annexe ce que l'on ne veut pas montrer dans les comptes n'est pas pertinent !!!). Quand on parle des normes IPSAS il faut donc bien vérifier s'il y a certification IPSAS après révision des comptes, ce qui n'est pas le cas à Genève, en rappelant que les comptes des TPG étaient certifiés IPSAS jusqu'à la venue de la norme IPSAS 25 que l'on ne voulait surtout pas voir appliquer (problème des caisses de retraite que l'on ne voulait pas voir apparaître, bien évidemment, ce qui aurait eu pour conséquence l'obligation de constituer également dans les comptes de l'Etat une provision complémentaire, puisque l'Etat est garant subsidiaire des comptes des TPG et que les TPG, déjà subventionnés, n'ont bien évidemment pas les moyens de couvrir le trou qui allait apparaître avec l'application de la norme IPSAS 25).

Genève n'est même pas capable de respecter certains principes de simple droit suisse, comme je le rappelle ci-dessous (texte envoyé à plusieurs députés, avec trois des réponses reçues)

"... Bonjour à tous, Je viens de lire dans la presse que le Grand Conseil vient d'approuver les comptes de l'Etat sans opposition juste quelques petites abstentions. Je ne comprends pas cette position du Grand Conseil qui approuve lesdits comptes tels que présentés par le Conseil d'Etat dès lors que, notamment et définitivement, suite au vote du Peuple concernant l'assainissement des caisses publiques de retraite, les comptes de l'Etat tels que présentés au Grand Conseil et approuvés désormais par celui-ci ne sont en réalité qu'un FAUX GROSSIER, comptes pour l'établissement desquels nos braves politiques partent donc désormais d'un principe un peu rapide et quelque peu curieux que pour l'assainissement des caisses publiques de retraite à charge de l'Etat on ne prendra en charge annuellement dans le compte de résultat de l'Etat que le paiement annuel effectué. Les comptes de l'Etat, compte tenu principalement du principe connu en droit de l'image fidèle, auraient donc dû prendre en compte l'entier de l'assainissement admis qui sera désormais et sans retour à la charge de l'Etat, en tant que "risques et charges futurs", comme cela aurait obligatoirement été le cas dans n'importe quelle entreprise privée, faute de quoi lesdits comptes auraient été refusés et renvoyés à l'administration par l'organe de révision. Je rappelle que pour l'assainissement de la BCGe une provision avait bien été constituée, mais pour les caisses publiques de retraite on oublie ... !!!??? On continue donc dans le n'importe quoi avec pour objectif de ne pas montrer au bon Peuple de Genève, ce qu'il ne doit pas voir/savoir, mais il est vrai que c'est plus facile de lisser dans le temps des pertes que de montrer d'un seul coup une perte de plusieurs milliards due à une gestion incompétente/irresponsable du monde politique. Si les comptes de l'Etat étaient certifiés IPSAS, ce que le monde politique ne veut bien évidemment pas !!! en fait plus dès l'apparition de la norme 25 (voir mon IUE 518), une provision totale pour "risques et charges futurs" aurait dû être constituée pour obtenir la certification.
A+
Claude

Réponse no 1 : Tu as raison Claude... ton raisonnement est parfaitement exact. Que te dire? (un juriste !!!)

Réponse 2 : Tout à fait d'accord avec toi, Claude. Il faudrait refuser ces comptes sans la norme IPSAS. Nous devons avoir la transparence et dire la réalité.

Réponse 3 : Rien à faire, j'ai déjà soulevé la question en comm des finances et ils se basent sur leur propre article en disant qu'ils n'ont pas l'obligation d'inscrire ce risque et blabla, comme tout le monde a l'air d'être d'accord, il ne reste qu'à attendre le déficit de 2013 ..."

..."

Finalement, suite à une séance dans une association où Monsieur Dal Busco était venu faire un exposé, j'ai reçu le texte suivant d'un membre de cette association. Amusant n'est-il pas vrai !!

"...

... nous faisons à Genève depuis des années de la comptabilité créative à la façon Enron... Malheureusement, aujourd'hui le roi est nu...
..."

Et on se fout de la gueule de la France avec son endettement de quelque 2.000 milliards d'euros, mais à Genève cela serait pire (endettement par tête d'habitant pour comparaison) si l'on mettait dans les comptes tout ce qui devrait être.

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