#suissesfuites (09/02/2015)

image.jpgRamdam, badaboum, la crème des médias nous sert une nouvelle louche de fuites. A 22h30 hier soir, l'Hebdo pousse son cri sur le net et publie un numéro spécial gratuit sur son app. Le méchant est une banque genevoise, enfin  une filiale d'un très grand établissement britannico-américano-helvéto-hongkongais qui a récemment investi trois vieux immeubles entièrement rénovés au quai des Bergues. Et a déposé en son hall d'entrée deux lions chinois dûment baptisés. 

Très gros boulot de fourmi de 130 journalistes de la champions league européenne des médias qui ont donc contrôlé, recoupé, vérifié les données courant jusqu'en 2007 et divulguées (leaked) par Hervé Falciani. 

"Malgré ses efforts la Suisse a continué de jouer un rôle dans le recyclage de l'argent de la drogue", écrit le rédacteur en chef du magazine romand. Ce qui est un secret de Polichinelle, car en 2007 encore la soustraction fiscale n'était pas un délit pénal et les convention de diligence et autre loi antiblanchiment ne permettaient pas aux Ministères publics d'être informé des transactions financières douteuses et quand ils l'étaient butaient sur de savants montages, la lenteur des procédures et des bataillons d'avocats.

Les #suissesfuites du jour en apportent la preuve ce qui n'est pas rien. Reste à convaincre les Suisses de la nécessité de rendre les transactions financières vertueuses et pas seulement celles qui transitent par les établissements bancaires.

Gardes-frontière et policiers ne pistaient sur le macadam que les quidams qui importaient deux kilos de viande de la France voisine ou d'autres produits illicites ou des fuyards étrangers ou apatrides à la recherche d'une terre d'asile. Encore aujourd'hui les forces de l'ordre sont quasi absentes sur les terres virtuelles. Elles n'ont aucun accès au secret des affaires, sauf dénonciations, hasard et enquêtes judiciaires ouvertes.

Quant aux banques, elles ne sont pas les seules à prendre des risques avec certains clients, mais elles appartiennent sans doute à la corporations la mieux surveillée et celle qui désormais redoute le plus d'être prise les doigts dans la confiture de l'argent sale. La preuve, la communication empruntée de HSBC du jour qui convient que ses filtres censés préserver sa virginité étaient bien plus lâches qu'aujourd'hui

 

A lire sur le même sujet l’analyse de la rédactrice en chef de Bilan qui souligne que Le Monde a reçu la liste de cette #suissesfuites forcément d'une source gouvernementale française.

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