Charles Morerod,évêque de Genève... (14/11/2011)

Morerod Fb.jpgIl a un petit air d'Harry Potter avec ses lunettes rondes. Manque la tignasse. Il commence sa tournée de son diocèse par la Rome protestante. Y rencontrera-t-il des protestants, ces indignés du XVIe siècle? Nous le serons demain. Il est ferré à glace le nouvel évêque de Genève. Docteur en philosophie et en théologie, c'est un aigle à deux têtes, dit de lui un dominicain. Il a du répondant. Saura-t-il se libérer de celui qui l'a choisi parce qu'il lui ressemble.

Charles Morerod saura - je l'espère - trouver les mots pour fixer des objectifs ambitieux à tous, à commencer par lui et ceux qui voudront accepter le débat.

Quels pourraient-ils être ces objectifs pour les habitants d'ici, où vivent tous les habitants du monde. Ce pays, son diocèse, comprend l'ancien diocèse de Genève qui s'étendait de l'Aubonne à Talloire et l'ancien évêché de Lausanne qui embrassait le pays de Vaud, les pays de Berne et de Soleure?

Les chrétiens - ne parlons plus d'église - doivent retrouver le souffle qui fut celui des pères de l'Europe. Les crises - financière, économique, humaine, sociétale - nous y contraignent. En Europe, les Etats nations doivent se solidariser, sinon périr. Quelles internationale pourra accompagner la fin du nationalisme. Les chrétiens? Ne sont-ils pas, ne devraient-ils pas être par essence des pélerins sans frontières?

... Les Roms sont-ils plus proches du «royaume» de «Dieu» que les conducteurs de 4x4?

Il n'existe pas de diocèse bi- ou plurinational. Les protestants comme les catholiques ont accepté de se couler dans le carcan meurtrier des nations.

Il leur faut aujourd'hui réinventer l'Europe. Briser les frontières. Créer des ponts (symbole des euros). Nouer des amitiés nouvelles? Impossible?

Charles Morerod est un dominicain, un enseignant, un intellectuel, un porteur de Bonnes nouvelles. Il est semble-t-il plus à l'aise dans l'écrit que dans la parole - il parle trop vite et débite trois idées à la fois, c'est en général trois de trop pour les bonnes âmes habituées à réciter le chapelet, activité qu reste en cour, mais n'est plus très en vogue. Qu'est-il d'autre?

Quel sportif est-il? Est-il musicien, mélomane, branché? Que connaît-il du monde du travail [l'occasion de rappeler que le mouvement des prêtres ouvriers a été lancé par le dominicain Jacque Loew, qu'évoque Katutura, une blogueuse que j'aime bien]

... Les Roms sont-ils plus proches du «royaume» de «Dieu» que les conducteurs de 4x4?

Je mets royaume et Dieu entre guillemets, car le deuxième défi de Charles Morerod et de ses semblables est de retraduire la bible en mots d'aujourd'hui. Nous avons cru nous approprié la Parole en la traduisant dans nos langues, mais nous l'avons en même temps jetée en prison. La prison des mots. Sacré défi pour un dominicain.

Le troisième défi découle des deux premiers, si les diocèses abandonnent leurs vieilles frontières, ce ne doit pas être pour en créer de nouvelles: les réseaux sociaux, et les fraternités locales, les groupes d'entraide sont des pistes. Et si les mots doivent changer, se réinventer pour libérer l'esprit, il faudra bien en trouver d'autres pour un temps, bref redonner au verbe sa vigueur créatrice d'amour. Redonner libre cours à la parole, c'est dire au quotidien les mots qui réconcilient. Bref, et pour le dire de manière abrupte: après TéléBlocher, TéléMorerod?

Le quatrième, le cinquième défi? Les femmes bien sûr. Eve ou Marie?... L'oecuménisme bien sûr et le dialogue entre les réformateurs. De Paul à Calvin, pour n'en citer que deux...

 

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