Même Reagan serait renié par la droite actuelle (13/08/2011)

Reagan_1981.jpgMême Reagan serait renié par la droite actuelle. C'est en deux mots le propos de Constantin Seibt, un des très bons journalistes suisses, dans un long article publié ce matin dans la Tages  Anzeiger qui se donne à lire gratuitement sur l'Ipad encore jusqu'à fin août.

La droite qui impose des cures d'amaigrissement drastiques aux budgets américains et anglais et commande le même régime à tous les Etats surendettés serait beaucoup plus dure, aveugle que les Reagan et autre Thatcher des années 80. A l'appui de sa thèse Seibt convoque deux conservateurs bon teint qui récemment se sont demandés. Est-ce que la gauche n'aurait pas raison?

Le premier Charles Moore, éditorialiste au Telegraph, biographe officielle de l'ancienne Dame de fer, écrit: "J'ai mis 30 ans à me poser cette question: la gauche n'a-t-elle pas raison? Les riches deviennent plus riches et les salaires diminuent. La liberté qu'un bon salaire est sensé procuré ne concerne plus qu'une minorité... La démocratie qui devrait être au service des gens remplit les poches des banquiers et des millionnaires..."

Moore qui fut un chaud partisan des dérégulations thatchérienne constate que la liberté a été kidnapée que les banques sont peuplés d'aventuriers qui s'enrichissent même quand ils dilapident des milliards... Nous brandissons des drapeaux frappés du mot liberté, mais sur le manche il est écrit Made in China.

Un autre éditorialiste inspire Seibt dans son analyse. David Brooks, républicain bon teint, dénonce dans le New York Times l'aveuglement de ses amis qui refusent le compromis. Obama leur avait fait une offre suicidaire en termes d'économies mais ils l'ont refusée parce qu'elle comportait quelques propositions de boucher des niches fiscales. Pourquoi? Parce que, écrit Brooks, la politique n'est plus leur but. Leur plan c'est le show médiatique pas la fabrication des lois.Leur moyen la simplification extrême.

Cette droite a une solution simple à tous les problèmes: le marché.

 

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