La feuille de route 2010-2013: le cap est donné sans priorité (07/06/2010)

omm_geneve.jpgAucun engagement sur la traversée du lac (la fin de l'étude d'opportunité est pour 2013). Pas de construction sur le PAV avant 2013. Rien sur la gare de Colovrex (étude pour une zone indsutrielle mixte). Rien sur l'équipement informatique des écoliers (pas mentionné). Rien sur leurs performances PISA (pas mentionné). Rien sur la fiscalité des frontaliers. Pas de réduction d'impôts en vue pour les Genevois, mais la simplification des impôts sur l'immo et l'ancrage à Genève des multinationales et du négoces.

Aucune mention de la société à 2000 watts, vraisemblablement pas de centrale à gaz, peut-être une centrale à biogaz et/ou géothermique.

En plus? Des policiers, des places en EMS, des PLQ (objectif 2500 logements par an maintenu), un nouveau plan directeur, des vélos en libre service en 2012. Le RER Cornavin-Annemasse, c'est pour 2016 au mieux.

La feuille de route du Conseil d'Etat 2010-2013 est un catalogue: difficile à lire, sans doute ambitieux, mais dépourvu d'une charpente et de priorisations, décliné en dix chapitres d'inégal contenu. Aucun objectif chiffré et encore moins de référentiel pour évaluer les progrès qui seront accomplis d'ici 2013.

Le projet d'agglomération franco-valdo-genevois qui, sous la houlette d'un Robert Cramer survolté, avait donné l'illusion, les quatre dernières années, d'un intention forte pour le Grand Genève de 900'000 habitants à l'horizon 2030 (+ 200'000 habitants, + 100'000 emplois) est éclaté dans plusieurs chapitres, sans pilote ni visibilité. Agglo 2 sera néanmoins déposé courant 2011, date où le groupement euro-régional de coopération - le bras institutionnel de la gouvernance de la région - devrait entrer en force.

A quoi comparer la feuille de route du Conseil d'Etat genevois pour la législature 2010-2013? A une symphonie contemporaine peut-être, dont le compositeur ne donnerait que les grands traits de l'oeuvre, usant largement des registres yaka  et fautqu'on, tout en laissant aux interprètes à la logique floue une belle plage d'improvisation. La symphonie se décline en dix mouvements. Le rythme est soutenu de bout en bout, mais aucun objectifs chiffrés n'est proposé et la plupart des actions se résume à déposer des projets de loi.

A quoi sert la feuille de route présentée ce matin au sommet de l'immeuble de l'Organisation mondiale de la météorologie? A satisfaire la curiosité des députés qui, le 23 mai 2008, ont complété  leur loi organique pour contraindre le gouvernement à présenter un programme de législature.

Imprimé à 2000 exemplaires, la partition est disponible en version électronique sur le site www.ge.ch/conseil_etat. Intitulé Donner un cap le programme de législature est donc une commande du Législatif à l'Exécutif.

Il n'est pas inutile de rappeler qu'à Genève, les deux pouvoirs doivent collaborer et rechercher l'adhésion du peuple souverain, sans pouvoir se destituer l'un, l'autre. Même si le ménage ne fonctionne pas, ils sont tous condamnés à vivre ensemble jusqu'en automne 2013.

Réactions des partis: Pour une fois les radicaux ne sont pas les premiers à réagir, l'UDC a dégainé la première en publiant un communiqué convenu dès 10h58, où le parti sans tête (ou multitêtes) rappelle qu'elle est à l'origine des rênes courtes tendues sur le cou du gouvernement. Le MCG cite les grands oubliés. comme par hasard il s'agit de ses chevaux de bataille: le chômage, les frontaliers, les transports et la sécurité.

 

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