Adultère: Pasini a passé à côté du sujet (09/03/2010)

pasini.pngsommer etienne pasteur.jpgLe célèbre sexologue s'est contenté hier soir à Plan-les-Ouates d'égrener le chapelet des causes - nombreuses - des infidélités conjugales. Le fondateur de la Fédération européenne de sexologie, dont le site internet se décline en cinq langues dont le russes et le chinois, n'est jamais vraiment entré dans l'intimité du couple. Là où brûle la passion, où se forge l'amour, où s'éprouve la jouissance et la tendresse. Là où les religions ont décrété: l'adultère, tu ne commettras point.

Le sixième commandement était le sujet de sa conférence au temple de Plan-les-Ouates. Pasini n'a donc pas affronté le Décalogue. Point d'évocation de cette vierge, adultère par désir divin, que l'époux légitime n'a pas rejetée, acceptant même d'élever son fils comme le sien. "Que celui qui est sans péché jette la première pierre" a-t-il dit plus tard. Une parole que le Coran malheureusement n'a pas retenue.

Point  de réflexions sur ces hommes et ces femmes de la Bible, qui ont enfreint le commandement divin et qui forge encore, n 'en déplaise au psychanalyste, le subconscient de nos contemporains.

Plus autant des jeunes paraît-il, dont la culture religieuse est en effet fort étiolée. Encore que. Pasini s'étonne de trouver toujours plus dans les adolescents qui le consultent cette soif semble-t-il inextinguible de la fidélité conjugale, alors que rien dans la nature et dans le règne animale - 85% des espères sont polygames - ne prédispose à suivre le modèle du cygne ou du pingouin.

D'ailleurs reconnaît le scientifique, ces fidélités sont davantage des fidélités au nid et aux oisillons qu'à son partenaire. La fragilité de l'oeuf contraint sans doute la nature à lier les couples. Rien de tout cela chez l'homme chez qui la fidélité est une règle sociale qui ne remonte guère au-delà de 5000 ans.

Au terme de ce panorama des infidélités, quelques questions brûlaient les lèvres des quelque 50 personnes présentes dont une majorité de femmes. Trois ou quatre courageux ont ainsi remis l'église au milieu du village et l'adultère au coeur du débat.

Pasini a répondu non sans à-propos: c'est à vous de me dire ce que le sacrement du mariage peut apporter à cette société qui a séparé l'acte sexuelle de la procréation et qui semble - pour 20 à 30 % désormais de ses membres - suivre Sex in the city et séparer désormais le sex du coeur. Il y a 25 ans je pensais que les hommes rejoindraient les femmes qui souffrent davantage de l'adultère. Or je constate que pour nombre de femmes le changement de partenaires ne semble plus être un drame existentiel intégral.

Et n'oubliez pas, comme pour dire que se tromper une fois ou deux dans le choix de son partenaire de vie n'est pas un péché mortel, que nombre de ceux qui commettent l'adultère comme vous dites le font par quête de fidélité, parce qu'ils aiment une autre personne et rêvent de vivre leur vie avec lui ou elle.

Sur l'aspect sacramentel du mariage, le pasteur de Plan-les-Ouates Etienne Sommer (photo ci-dessus à droite) crut devoir préciser que l'église protestante ne considère pas le mariage comme un sacrement d'où son approche différente du divorce. Le catholique milanais Pasini qui a épousé une protestante fait mine d'apprendre quelque chose. Il n'insiste pas. Pourtant l'Alliance de Dieu avec les hommes qu'évoque le pasteur et dont il voudrait savoir si elle n'est pas l'archétype du mariage humain donne au mariage religieux qu'il soit protestant ou catholique un caractère sacramentel, surnaturel. La fidélité comme défi aux lois de la nature. C'est bien ce qui fait de l'homme autre chose qu'une bête.

Pasini a d'ailleurs convenu que sa pratique montrait sans aucun doute que des jeunes dont les parents avaient su faire évoluer leur passion amoureuse en tendresse durable avaient moins de risque d'être soumis au démon de midi.

 

PS: J'imagine que certains abonnés masqués à ce blog, volontiers redresseurs de torts, ne manqueront pas de dénoncer les comportements de certains prêtres de l'église catholique. A juste titre sans doute, même si ce n'est pas vraiment le sujet de ce billet

PS du 17 mars: Je me vois une fois de plus obligé de fermer provisoirement les commentaires sous cette note, le temps de les lire. Merci de votre compréhension. Et merci à Patoucha de cesser ses spams.

07:13 | Tags : pasini, sexualité, adultère | Lien permanent | Commentaires (72)