Invictus (12/02/2010)

invictus mêlée.jpgIl y a un mélange de violence, de beauté et d'héroïsme dans Invictus, le dernier film de l'icône américaine Clint Eastwood. Je ne suis pas particulièrement un fan de rugby - un sport de bruts joués par des gentlemen - sans doute parce que je ne l'ai jamais pratiqué et que l'interruption incessante du jeu, comme dans le football américain, émiette le déroulement de la partie.

Dans Invictus la caméra suit le ballon au plus près. Elle se jette dans de la mélée, bouge avec les joueurs, court avec eux, s'élève dans le airs sous les olé d'un public transcendé. On ressent la sueur, les gnons, la force, la volonté de vaincre, le bonheur de la victoire. On voit la balle vriller sur elle-même pour ne pas dévier de sa trajectoire. On imagine la scène en 3D. Le ralenti magnifie le jeu, le public, le président. Comment ne pas se laisser emporter. Un très bon moment de cinéma. Mais...

Invictus est un arrêt sur image dans la vie d'une icône du XXe siècle. Nelson Mandela dont on a commémoré hier les 20 ans de la sortie de prison.

Mandela n'entend pas des voix mais sa force intérieure - je suis le capitaine de mon âme - en a fait une Jeanne d'Arc de l'Afrique du sud. Un être exceptionnel dont le seul charisme, la seule bonté naturelle bouleverse le cours des choses. La victoire des Springboks, club emblématique de l'apartheid, à la Coupe du monde de rugby de 1995, est fondateur de temps nouveaux comme l'ont été l'aventure de la Pucelle, la prise de la Bastille ou l'action de Gandhi pour l'indépendance de l'Inde.

Des moments rares dans la vie des peuples.

Redescendant sur notre petit coin de terre genevois, je me prenais à rêver, en rentrant hier soir d'un match au Stade de Genève, fondateur d'une fraternité franco-valdo-genevoise... Un rêve très modeste. Un rêve qui ne fera pas des miracles. Comme en Afrique du sud où, 15 ans après la victoire, la majorité des Noirs restent pauvres et où la violence des rues est effrayante. Mais un rêve tout de même, dont on se souvient et que l'on raconte dans les livres d'histoire.

08:10 | Tags : eastwood, mandela | Lien permanent | Commentaires (1)