CEVA: que se passera-t-il si c'est non! (22/11/2009)

Freymond cantone souriante.jpgQuelle foire d'empoigne, jeudi à Uni Mail! Quel ramdam! Rarement débat genevois aura été aussi disputé. Fabienne Freymond Cantone, municipale chargée des Finances à Nyon, députée socialiste vaudois, a eu bien du mal en fin de soirée à se faire entendre. Chahutée elle aussi par les opposants au CEVA, de loin champions dans l'invectives des débataires. (Voir son interview vidéo ci-dessous et le fil du débat ici)

Du côté des partisans, ce n'était pas mal non plus, mais ce sont plutôt des applaudissements qui ponctuaient les bons mots ou les tirades des quatre invités de la Tribune favorables à la liaison ferroviaire entre Cornavin et Annemasse, que Genève attend depuis 100 ans.

Côté passion un très bon débat donc. Côté démocratie participative, le score est plus difficile à établir. Match nul? Retour sur un événement médiatique et perspective si le résultat devait être négatif dimanche prochain. Je parie pour ma part qu'il n'en sera rien et que le crédit sera adopté par 60% des citoyens. Moins ce serait un giffle à la classe politique genevoise.

Les partisans et opposants du CEVA ont surtout répété leurs arguments en boucle.

"Le tracé du CEVA est peut-être ancien, a déclaré Robert Borrel, mais le vôtre est vieux!" L'ancien maire d'Annemasse a tout de même concédé que le barreau sud n'a pas toujours été un projet sans avenir. Il fut un temps, à la fin du siècle dernier où le barreau sud était le projet phare des décideurs de Genève et de la région (voir à ce sujet l'analyse d'alp Rail datant de1998), qui espéraient relier non pas seulement la vallée de l'Arve à la Côte vaudoise ou Thonon à Nyon, mais avaient l'ambition de relier le plateau suisse à Grenoble (et surtout à la ligne TVG Lyon Turin), via une ligne moderne à construire entre Saint-Julien et Annecy.

Dix ans plus tard, c'est une autoroute qu'une entreprise privée a bâtie et fait financer par un péage: un projet PPP comme on dit en Suisse. Un partenariat public privé qui a sonné le glas du barreau sud. En tant que ligne internationale. Pas forcément en tant que ligne RER. J'ai déjà eu l'occasion de citer l'étude de l'architecte Barthassat qui propose après le CEVA un RER La Praille Saint-Julien Bernex, Satigny Saint Geny Gex Divonne Nyon.

Le barreau sud a donc encore de l'avenir. Tout comme une traversée du lac conjointe avec le bouclement est du périphérique genevois qui connectera bien mieux que le tracé du CEVA Cointrin à la vallée de l'Arve et à Annecy (pour autant que Réseau ferré de France veuille bien améliorer la ligne actuelle). Musique d'avenir donc.

Si le 29 novembre le vote devait être négatif - ce que je ne crois pas - ce serait la marque d'un divorce grave entre la classe politique et les Genevois. Divorce durable, car l'on entend ici et là que le refus d'un crédit supplémentaire de 113 millions ne saurait remettre en question le crédit principal de 1,47 milliard de francs.

Il était sur ce point très intéressant d'entendre jeudi soir à Uni Mail Mark Muller affirmer, à la suite de l'ancien maire d'Annemasse, que tous les chantiers publics connaissent des dépassements. Lors de la conférence de presse du séminaire mobilité organisé par le projet d'agglomération franco-valdo-genevois le 5 novembre dernier à St-Cergue, Robert Borrel a clairement répondu à un journaliste que "compte tenu de la dimension du budget global du CEVA, il ne devrait pas être difficile de trouver des économies à hauteur du crédit supplémentaire demandé."

 

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